Lancez votre entreprise
Le saviez-vous? Seuls 30% des entrepreneurs sont des femmes. Pourquoi? Parce qu’on ne nous en donne pas les moyens, pire, parce que nous ne nous en donnons pas les moyens, parce qu’on ne sait pas par où commencer ni comment s’entourer! Pourtant, celles qui ont réussi à s’imposer dans leur secteur d’activité ne cessent de le répéter : quand on tient la bonne idée, ça vaut la peine de se lancer. Elles nous donnent leurs meilleurs conseils pour débuter.
3 Mettre son projet en mots
Ann Claes, chef
d’entreprise à la tête, avec son frère Bart, de JBC, l’une des principales chaînes de
vêtements en Belgique et au Luxembourg. « Il est
important de bien formuler sa propre idée. A partir de là, il
est possible de déterminer sa mission. Cette définition doit être
claire : toutes les personnes qu’on va engager dans le projet
doivent la comprendre. »
4 Savoir qu’on ne va pas gagner d’argent tout de suite
Anne-Catherine
Trinon, fondatrice d’ACTStar, une agence de communication
spécialisée en promotion des ventes qui compte aujourd’hui vingt-cinq
collaborateurs. « La pierre d’achoppement de beaucoup de
projets est l’aspect financier. Il est primordial d’élaborer un
budget prévisionnel prudent sur trois ans et de ne pas envisager un
revenu personnel trop rapidement. Dans les premières années, les
bénéfices devront partiellement être réinvestis dans l’activité. Il
faut donc au départ pouvoir soit compter sur le revenu de son
conjoint, soit avoir un capital sur lequel on peut compter en dehors
de l’activité. »
Créez votre entreprise et gagnez le ELLE BUsiness award
Présentez-nous votre idée d’entreprise et gagnez la chance de la voir se concrétiser. À qui s’adresse votre produit ou service ? En quoi est-il innovant ? Qu’avez-vous à proposer d’original, de créatif, de novateur, de brillant ? Pour participer, trois étapes:
- Vous écrivez un texte qui décrit votre idée en une page maximum.
- Soit vous enregistrez une vidéo de deux minutes qui présente votre projet, soit vous en dessinez le plan sur une serviette en papier que vous scannez.
- Vous envoyez le tout avant le 15 octobre sur la page ad-hoc.
Le jury sera composé de membres d’Idealy et de ELLE Belgique ainsi que de trois entrepreneures émérites.
Anne
Chapelle. L’investisseur belge qui se cache derrière les
collections d’Ann Demeulemeester et Haider Ackermann. Véritable
business angel de la mode, elle est de tous les succès.
Carine
Moitier. LA spécialiste de l’e-commerce. Une expérience
conséquente en tant que consultante fait d’elle une figure de ce
secteur d’activité pour la réussite des futures entreprises.
Virginie
Taittinger. Une « Champagne Lady » ! Après avoir assuré la
promotion du champagne Taittinger durant vingt ans, elle décide de
développer sa propre cuvée : Virginie T.
Premier prix offert par Idealy Un financement de départ de 6200 euros, trois mois de coaching et accompagnement, des conseils en création, des outils de communication et plein de cadeaux...
10 Networker
Murielle Eyletters. « Savoir s’entourer ! Que ce soit d’un point de vue technique, financier, juridique, qu’il s’agisse de communication ou de comptabilité, il ne faut surtout pas penser qu’on a toutes les compétences pour faire face à tous les problèmes. Le networking et les réseaux sont très efficaces. »
11 Assumer sa féminité
Ann Claes. « Le fait d’être une femme peut parfois créer une différence parce que, c’est un fait, il y a toujours plus d’hommes actifs à un certain niveau de fonctions. Mais il ne faut pas se laisser déconcerter si l’approche masculine est différente de la nôtre. Il faut rester fidèle à ses idéaux et absolument éviter d’être dépendante de quelqu’un, par exemple de son comptable, pour savoir si on fait des bénéfices ou pas : ça, on doit le savoir soi-même ! »
12 Ne pas se laisser démolir
Aliza Jabès. « Certaines personnes sont décourageantes, il faut être persévérante et résister à toutes les pressions extérieures. Suivez vos propres convictions : si l’intuition n’évite pas les doutes et les angoisses, elle est en revanche toujours motrice de progression. Pour entreprendre, il faut savoir prendre des risques, car on ne sait jamais si cela va marcher ou non. »
1 Avoir une idée

Val Pollet et Laurence Everard, fondatrices de la
marque de prêt-à-porter Mais Il Est
Où Le Soleil ? En douze ans, elles ont monté l’une des entreprises
les plus florissantes de Belgique, avec près de mille points de vente
à travers le monde. « Pour démarrer une entreprise, il faut
UNE idée, pas cinquante. Elle ne doit pas être révolutionnaire
mais il faut avoir quelque chose à dire. Il faut étudier ce qui existe
dans ce domaine et se demander : "Qu’est-ce que je peux apporter, moi,
à ce secteur ?" à nos débuts, c’était la grande mode des foulards
carrés imprimés. Nous avons donc lancé une ligne de foulards
rectangulaires et unis, dans une grande gamme de couleurs. ça n’était
pas révolutionnaire mais on avait juste regardé et écouté notre cible
potentielle. »
5 Rechercher des financements
Murielle
Eyletters, ambassadrice des femmes entrepreneurs belges et
fondatrice d’Aliwen, entreprise
spécialisée en diagnostics phytosanitaires, inventaires et plans de
gestion des arbres. « En fonction des besoins de
financement, la première question est d’évaluer le type de société :
SPRL, société anonyme, ASBL... Dans le cas d’une société
anonyme, il faut rechercher des investisseurs et/ou des
administrateurs. Il ne s’agit pas seulement d’argent, mais aussi de
partenaires susceptibles d’amener un "plus" à la société via leurs
compétences, leur carnet d’adresses... Il est également important de
bien prendre connaissance des aides mises à la disposition des
porteurs de projet au niveau des Régions, des différents ministères
et de l’AWEX pour l’exportation. Ne pas craindre les démarches
administratives: les centres d’entreprise prodiguent conseils et
aides financières, parfois sous forme de bourse. »
6 Être polyvalente
Aliza Jabès,
fondatrice de Nuxe. « Je
conseille aux jeunes chefs d’entreprise d’oser aller de
l’avant. Il ne faut pas avoir peur des embûches et des
sacrifices, car il y en a, forcément. Il faut avoir une vision précise
en tête, foncer et être patiente. Mieux vaut être une marathonienne
plutôt qu’une sprinteuse... Une des clés du succès est d’avoir un
profil polyvalent : être créative et en même temps bonne gestionnaire.
Il est important pour une entreprise d’être dirigé par quelqu’un qui
peut avoir cette double compétence. Enfin, en grandissant, savoir se
structurer et adopter des méthodes de "grande boîte" tout en gardant
un esprit de "petite boîte". »
7 Bétonner son plan financier
Sandrine
Bouillon, fondatrice de la boutique en ligne www.ledressing.be, qui propose de
la mode belge avec une attention particulière au luxe. « Si
le projet a germé depuis un temps certain dans votre esprit, il faut
garder la tête froide et analyser avec autant de précaution que de
détermination les obstacles financiers, familiaux et
organisationnels. Il faut rédiger un business plan et
bénéficier d’un budget personnel suffisant pour avancer les fonds
prioritaires de création de l’entreprise. S’adjoindre obligatoirement
le concours d’un expert comptable et d’un avocat d’affaires qui
finalisera le projet afin qu’il corresponde aux réglementations
légales en vigueur pour le publier en bonne et due forme au Moniteur
Belge. »
2 Se poser les bonnes questions
Islah Al Ashwal,
fondatrice en 2010 de la maison belge de haute joaillerie Shania. « Ai-je
suffisamment de confiance en moi et en mon idée ? Suis-je
passionnée par ce que je voudrais faire ? Quels sont mes atouts et
quelles sont mes lacunes ? Est-ce que je maîtrise suffisamment le sujet,
le produit ou le domaine pour me lancer ? Ai-je les moyens financiers
pour réaliser mon projet ? Quels sont mes objectifs ? Quels sont les
moyens pour les atteindre ? Ce serait une erreur de changer de
trajectoire à la première hésitation, mais il faut être capable de
corriger si nécessaire. »
Idealy soutient les entrepreneur(e)s de demain
C’est quoi ? « Une équipe d’entrepreneurs expérimentés et passionnés. Avant de fonder Idealy, nous dispensions des conseils à titre privé. Aujourd’hui, nous avons professionnalisé cela pour créer une synergie entre nos savoirs, nos carnets d’adresses, nos domaines de compétence. Notre force ? évaluer tant les qualités d’une idée que celles du porteur de projet et de son équipe. Nous nous situons très en amont, à la genèse du projet. Nous faisons en sorte que le futur chef d’entreprise, quelle que soit sa taille, soit entouré et guidé dès le début. Nous avons tous monté des sociétés, rencontré des embûches autant que des succès. Notre devise : "Nous sommes passés par là et à présent, nous sommes là pour vous."»
Si je propose un projet, je m’engage à quoi ? « Lorsque nous décidons d’aider un entrepreneur à monter sa société, il ne nous paye rien mais nous devenons co-fondateurs minoritaires. Nous obtenons donc quelques parts de l’entreprise qui, à son démarrage, ne valent pratiquement rien. Nous sommes alors dans le même bateau et avons tout intérêt à ce que l’entreprise soit couronnée de succès. »
J'ai une idée, comment je fais ? « Même s’il s’agit du début du commencement d’un projet, vous pouvez nous en parler. Sur notre site internet, nous disposons d’une "chambre de résonance". Vous répondez à quelques questions qui nous permettront d’évaluer votre implication, votre âme d’entrepreneur(e). Si votre façon de communiquer est bonne et que votre idée présente un intérêt, nous vous invitons à une première réunion. à vous de montrer votre potentiel, votre volonté, votre ténacité… »
Même si mon projet est tordu ? « À nous de valider vos hypothèses, de faire éventuellement évoluer votre projet pour le rendre réalisable. Avant tout, la personne, son énergie, doivent nous faire vibrer. Au-delà de la rentabilité, nous cherchons des gens qui apportent quelque chose de nouveau dans un marché. Nous cherchons des visionnaires, des gens qui ont des idées pour changer notre monde et le rendre meilleur ! »
8 Parler de son rêve
Val Pollet et Laurence Everard. « Parfois, demander un conseil fait gagner un temps précieux et savoir frapper aux bonnes portes est un talent en soi. Il ne faut pas hésiter à confronter ses idées à celles d’un autre entrepreneur, sans se dire qu’on va se faire piquer l’idée du siècle par des requins. ça, c’est dans les films ! Quelle que soit l’activité, elle appartient à un secteur. Il faut aller vers ses concurrents, adhérer à la fédération, se faire connaître. Il n’y a rien de pire que l’isolement ! »
9 Garder les pieds sur terre
Val Pollet et Laurence Everard. « Parmi les choses à éviter : rouler en BMW et avoir des bureaux avenue Louise. Il faut commencer petit. Notre premier stock était une chambre de bonne. Pas très pratique, mais gratuit ! Il faut savoir dire non si c’est trop tôt, trop risqué, trop loin des valeurs. Garder la tête sur les épaules et ne pas trop se prendre au sérieux... »
13 Se remettre en question en permanence
Val Pollet et Laurence Everard. « Vous commencez un nouveau business. Vous avez une bonne idée. Elle va prendre. Vous allez engager du personnel. Grandir. Et si vous faites l’économie de poser votre crayon, de réfléchir à la raison de votre succès, à ce que vos clients attendent de vous, à la structure de votre entreprise, vous courez un grand danger ! Cela nous est arrivé : après cinq ans d’activité et les premiers succès, nous avons eu une baisse de régime. Nous avons alors pris du recul, réfléchi, formalisé notre ADN et nous sommes reparties de plus belle. Le danger était réel. Cela s’appelle une crise de croissance. Si on franchit cet obstacle, on est parti pour longtemps. Si on cale, la punition est immédiate et elle s’appelle… la faillite ! »
14 Communiquer efficacement
Murielle Eyletters. « Il ne faut pas négliger la communication : logo, site web, plaquette commerciale, conférence de presse... C’est ce que le client voit en premier ! Penser à la stratégie marketting pour vendre mieux et plus vite, c’est-à-dire réfléchir à une prestation rentable qui peut être commercialisée rapidement. »
— Juliette Debruxelles, Elle Belgique